"Le cheval en cent poèmes" de Jean Joseph Julaud
Samedi 3 Décembre 2011
"Où l'animal se laisse approcher par la poésie pour nous emporter au seuil de son mystère." Une anthologie magnifiquement illustrée, établie par Jean-Joseph Julaud.
Prévert, Paul Fort, Victor Hugo, Jules supervielle, Sully Prudhomme et dans ce gratin, incongru : Marc Menant, son poème Centaure inédit écrit pour ce livre.
Centaure
En rebuffade l'impétueux devant la ferraille où deux lads débraillent à l'engouffrer.
Mutin de la croupe le pure-sang devant la carcan.
Au perchoir au-dessus de l'encolure, le jockey, fêtu par la gigue, le câline aux murmures.
Clac ! L'effet du fouet la fermeture.
En furie le crack, sans l'ossature qui le ceinture, valdinguerait l'acrobate à ses pattes.
Nouveau tintouin métallique: ouvert le portique.
Illico, les quinze partants du grand prix de Longchamp catapultent, un seul, frise
la culbute le délaissé aux paris, notre favori.
Chance le retard aux premières encablures, par nature cavale en tête à toute allure
et dans le final vrille en déconfiture.
Au perchoir au-dessus de l'encolure, le jockey bruisse centaure, à lui, le dosage
de l'effort, par légères touches sur les mors se cale aux culs des plus forts, guiboles
au diapason du rebond de son champion sur le gazon.
Habile au frottage le jockey, dégote la corde, que son as à l'abri de la horde
se ménage, pour la fin du parcours, la bravoure.
A la sortie du dernier virage, des bras et de la voix, le propulse à l'emballage, frénésie
le déboulé, écartelés par les foulées jusqu'aux naseaux les sabots en volées.
Au perchoir au-dessus de l'encolure, le jockey, fesses, aux voltes d'oiseau, caboche
dans l'éther, ne craint pas le revers, son phénomène plane sans même la cravache,
quel courage, quel panache, les autres piochent et sur le poteau décrochent !
Au perchoir au-dessus de l'encolure, le jockey exulte: sa première victoire !
Marc menant, poème inédit, 2011.
Le cheval en cent poèmes
Jean Joseph Julaud
éditions OMNIBUS
Prévert, Paul Fort, Victor Hugo, Jules supervielle, Sully Prudhomme et dans ce gratin, incongru : Marc Menant, son poème Centaure inédit écrit pour ce livre.
Centaure
En rebuffade l'impétueux devant la ferraille où deux lads débraillent à l'engouffrer.
Mutin de la croupe le pure-sang devant la carcan.
Au perchoir au-dessus de l'encolure, le jockey, fêtu par la gigue, le câline aux murmures.
Clac ! L'effet du fouet la fermeture.
En furie le crack, sans l'ossature qui le ceinture, valdinguerait l'acrobate à ses pattes.
Nouveau tintouin métallique: ouvert le portique.
Illico, les quinze partants du grand prix de Longchamp catapultent, un seul, frise
la culbute le délaissé aux paris, notre favori.
Chance le retard aux premières encablures, par nature cavale en tête à toute allure
et dans le final vrille en déconfiture.
Au perchoir au-dessus de l'encolure, le jockey bruisse centaure, à lui, le dosage
de l'effort, par légères touches sur les mors se cale aux culs des plus forts, guiboles
au diapason du rebond de son champion sur le gazon.
Habile au frottage le jockey, dégote la corde, que son as à l'abri de la horde
se ménage, pour la fin du parcours, la bravoure.
A la sortie du dernier virage, des bras et de la voix, le propulse à l'emballage, frénésie
le déboulé, écartelés par les foulées jusqu'aux naseaux les sabots en volées.
Au perchoir au-dessus de l'encolure, le jockey, fesses, aux voltes d'oiseau, caboche
dans l'éther, ne craint pas le revers, son phénomène plane sans même la cravache,
quel courage, quel panache, les autres piochent et sur le poteau décrochent !
Au perchoir au-dessus de l'encolure, le jockey exulte: sa première victoire !
Marc menant, poème inédit, 2011.
Le cheval en cent poèmes
Jean Joseph Julaud
éditions OMNIBUS
"Cent poèmes pour un cheval, cent poèmes pour cent mille chevaux ! Unique et multiple, le cheval ! Chevaux aux mille facettes, aux mille galops emportés. Voici leur défilé, comme s'ils étaient présentés au « rond » avant la grande course des mots. Chevaux du temps de Supervielle, chevaux de la « tribu souveraine » de Charles Cros, et les « deux chevaux blancs » d'Emile Nelligan. Chevaux d'Hugo, de Cadou, de Carême, de Lamartine, « Cheval seul » d'Eluard, « Cheval sellé» d'Albane Gellé, la « jument souris » de Tristan Corbière... Cent poèmes où l'animal se laisse approcher par la plume pour nous emporter au seuil de son mystère.
Lecteur, à cheval ! En selle sur les mots et leurs galops ! Au fil des pages que voici, courant par là ou par ici, ou bien saisi dans une halte vespérale, le cheval vous devient familier. C'est comme si au fond de vous il se mettait à vivre et à ruer. Car le cheval en nous, rebelle et libre, c'est la pensée."
Jean-Joseph Julaud
Lecteur, à cheval ! En selle sur les mots et leurs galops ! Au fil des pages que voici, courant par là ou par ici, ou bien saisi dans une halte vespérale, le cheval vous devient familier. C'est comme si au fond de vous il se mettait à vivre et à ruer. Car le cheval en nous, rebelle et libre, c'est la pensée."
Jean-Joseph Julaud
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